Pixels de tracking email : la période de transition est terminée, où devez-vous en être ?

La recommandation de la CNIL sur les pixels de suivi dans les emails a été publiée le 14 avril 2026.

Plusieurs mois plus tard, le sujet n’est donc plus vraiment : « Comment se préparer ? »

La question est désormais : « Sommes-nous en conformité ? »

Pour les bases constituées avant la publication de la recommandation, la CNIL avait prévu une période transitoire de trois mois permettant de continuer à utiliser les pixels sous certaines conditions, notamment après avoir clairement informé les destinataires et leur avoir permis de s’y opposer.

Cette période est, en principe, terminée depuis mi-juillet.

La CNIL a toutefois apporté une nuance importante depuis notre premier article : lorsque le volume d’une base ou des contraintes de délivrabilité rendent ce délai insuffisant, une prolongation raisonnable peut être envisagée, à condition de pouvoir documenter ces difficultés.

Pour la majorité des organisations, nous sommes néanmoins entrés dans une nouvelle phase : les règles de gestion du pixel doivent maintenant être intégrées au fonctionnement courant des campagnes.

Le principe n’a pas changé : envoi et tracking sont deux sujets différents

C’est probablement le point le plus important de la recommandation.

Avoir le droit d’envoyer un email ne signifie pas automatiquement avoir le droit de suivre son ouverture à des fins marketing.

Un pixel de suivi est un mécanisme invisible intégré dans l’email. Lors de son chargement, il peut notamment permettre de déterminer si un message a été ouvert.

La CNIL considère que ce dispositif entre dans le champ de l’article 82 de la loi Informatique et Libertés. Le régime applicable dépend ensuite de la finalité pour laquelle le pixel est utilisé.

Pour une équipe marketing, il faut donc désormais raisonner en deux temps :

  1. Ai-je le droit d’envoyer cet email à ce destinataire ?
  2. Ai-je le droit d’activer le pixel de suivi pour l’usage que je souhaite en faire ?

Ce sont deux questions distinctes.

Ce qui peut rester exempté de consentement

La recommandation prévoit certaines exemptions, notamment pour des finalités strictement liées à la délivrabilité.

La mesure individuelle peut, sous conditions, servir par exemple à identifier des contacts inactifs afin d’adapter ou d’arrêter les envois.

Mais attention au mot « délivrabilité ».

La CNIL en retient ici une définition stricte. Il ne suffit pas de qualifier une fonctionnalité de « délivrabilité » pour qu’elle soit automatiquement exemptée.

Les données collectées doivent notamment être minimisées et utilisées exclusivement pour la finalité concernée.

Scorer un contact parce qu’il ouvre beaucoup vos newsletters n’est pas de la délivrabilité. C’est un usage marketing.

Pour les usages marketing, le consentement devient la règle

Dès lors que les informations remontées par le pixel servent à mesurer ou optimiser les performances marketing, personnaliser les communications, segmenter les contacts ou alimenter certaines logiques de scoring, un consentement préalable est nécessaire.

Et c’est là que le changement devient très concret pour les équipes marketing.

Pendant longtemps, l’ouverture a servi de déclencheur à de nombreux scénarios :

  • relancer les personnes qui n’ont pas ouvert ;
  • adapter la fréquence des communications ;
  • attribuer un score d’engagement ;
  • personnaliser les campagnes en fonction des ouvertures précédentes.

Ces usages ne disparaissent pas. Ils nécessitent désormais de savoir si le contact a consenti au suivi concerné.

Cela implique que votre plateforme d’email marketing soit capable de gérer cette information et d’adapter le comportement du pixel en conséquence.

Bases historiques : nous ne sommes plus dans la logique transitoire

C’est le principal changement depuis la première publication de cet article.

Pour les adresses collectées avant le 14 avril 2026, la CNIL avait prévu une période transitoire : les pixels pouvaient continuer à être utilisés sous réserve d’une information claire des destinataires et de la possibilité de s’y opposer.

Cette période de trois mois est désormais, en principe, terminée.

L’information avec possibilité d’opposition ne doit donc plus être considérée comme le fonctionnement pérenne pour un usage du pixel nécessitant normalement un consentement.

À présent, il faut être capable de distinguer :

  • les usages bénéficiant réellement d’une exemption ;
  • les usages pour lesquels un consentement valide a été obtenu ;
  • les contacts pour lesquels ce consentement n’est pas disponible.

La CNIL précise néanmoins qu’une prolongation raisonnable du délai transitoire peut être justifiée dans certaines situations, notamment lorsque la taille de la base rendait impossible son traitement dans le délai initial ou lorsqu’une concentration des envois aurait créé des problèmes de délivrabilité.

Cette tolérance n’est pas automatique : les difficultés rencontrées doivent pouvoir être documentées.

Et pour les nouveaux contacts ?

C’est désormais le point à intégrer directement dans vos processus de collecte.

Lorsque vous collectez une nouvelle adresse email et souhaitez utiliser un pixel pour une finalité nécessitant un consentement, le plus simple est de traiter le sujet dès l’inscription.

Vos formulaires doivent permettre de fournir une information claire sur l’utilisation du pixel et ses finalités, et de recueillir le consentement lorsque celui-ci est nécessaire.

Il faut également être capable de conserver la preuve de ce consentement et de gérer son retrait.

Cette information peut être gérée dans votre outil d’email marketing, mais aussi provenir de votre CRM, de votre CMP, de votre site ou d’un autre système.

Le sujet n’est pas tant l’endroit où le consentement est recueilli que la capacité à le transmettre et à l’exploiter correctement lors de l’envoi.

Cela signifie-t-il qu’on ne peut plus envoyer d’email sans consentement au pixel ?

Non.

C’est justement la confusion à éviter.

L’absence de consentement au pixel ne signifie pas nécessairement que vous ne pouvez plus envoyer l’email.

En B2B notamment, certaines communications peuvent être adressées sans consentement préalable à la prospection lorsque les conditions prévues par la réglementation sont réunies.

En revanche, si le destinataire n’a pas consenti à un usage marketing du pixel, le tracking correspondant ne doit pas être activé pour lui.

L’email peut donc partir, sans le suivi individuel concerné.

Cette séparation entre envoi et tracking permet de continuer à communiquer tout en respectant le choix du destinataire.

Quel impact sur vos automatisations ?

Les scénarios reposant sur l’ouverture nécessitent une attention particulière.

Relancer automatiquement un non-ouvreur ou faire évoluer un score selon les ouvertures suppose que vous disposiez effectivement du droit d’utiliser cette information pour cette finalité.

C’est aussi une bonne occasion de revoir certains automatismes.

Depuis plusieurs années déjà, le taux d’ouverture est devenu un indicateur moins fiable, notamment en raison des mécanismes de protection de la vie privée proposés par les clients de messagerie.

Les clics, réponses, formulaires remplis, téléchargements, données CRM ou autres actions explicites constituent souvent des signaux beaucoup plus intéressants pour construire des scénarios B2B.

La recommandation CNIL accélère donc une évolution qui avait déjà du sens d’un point de vue marketing : moins piloter sur une ouverture supposée, davantage sur une interaction réelle.

Aujourd’hui, où devriez-vous en être ?

La recommandation n’est plus un sujet à mettre sur la feuille de route « pour les prochains mois ».

Pour la plupart des organisations utilisant des pixels de suivi, quatre chantiers devraient aujourd’hui être traités :

Cartographier vos usages du pixel. Pourquoi mesurez-vous l’ouverture et que faites-vous réellement de cette information ?

Distinguer les finalités exemptées des finalités nécessitant un consentement.

Gérer l’information de consentement dans votre écosystème de données et être capable de la transmettre à votre plateforme d’email marketing.

Adapter vos formulaires et processus de collecte afin que les nouveaux contacts entrent directement dans un dispositif conforme.

La période transitoire avait précisément pour objectif de permettre cette bascule.

Nous sommes désormais dans l’étape suivante : faire fonctionner ces règles au quotidien sans compliquer inutilement le travail des équipes marketing.

Ce qu’il faut retenir

La recommandation CNIL n’a pas signé la fin du tracking email.

Elle impose en revanche une gestion beaucoup plus précise de ses finalités.

Envoyer, mesurer la délivrabilité et analyser le comportement marketing d’un destinataire sont désormais trois choses qu’il faut savoir distinguer.

Pour les bases historiques, la période de transition de trois mois est en principe terminée. Pour les nouveaux contacts, la question du pixel doit être intégrée dès la collecte lorsque son utilisation nécessite un consentement.

Et surtout : ne faites pas de l’absence de tracking un synonyme d’absence de communication.

Vous pouvez continuer à envoyer vos campagnes lorsque leur cadre juridique le permet. C’est l’activation du pixel et l’utilisation des informations qu’il collecte qui doivent être adaptées à la situation de chaque destinataire.

Chez Activecom, nous avons fait évoluer Activemailer pour intégrer cette nouvelle réalité dans la gestion des campagnes et permettre à nos utilisateurs d’adapter le suivi en fonction des informations de consentement disponibles.

Vous avez encore des questions sur la gestion du pixel, vos bases historiques ou la manière d’intégrer le consentement dans vos campagnes ? Nos équipes peuvent vous accompagner pour faire le point sur vos pratiques et mettre en place une organisation adaptée à votre environnement.

 

Activemailer Home

Ceci pourrait vous intéresser...

Politique de cookies

Ce site web utilise des cookies afin de vous offrir la meilleure expérience utilisateur possible.

Les informations des cookies sont stockées dans votre navigateur et remplissent des fonctions telles que vous reconnaître lorsque vous revenez sur notre site web et aider notre équipe à comprendre quelles sections du site web vous trouvez les plus intéressantes et utiles.